Hemali Bhuta

and the epic did not happen ! Commissaire d'exposition : Anne Couillaud

08 septembre - 23 octobre 2021

Hemali Bhuta

and the epic did not happen ! Commissaire d'exposition : Anne Couillaud

08 septembre - 23 octobre 2021




 

La galerie Ceysson & Bénétière est heureuse d’annoncer l’exposition personnelle d’Hemali Bhuta, and the epic did not happen! 


Dans les lieux où ses compositions dans l’espace se déploient, Hemali Bhuta emploie souvent les œuvres de ses anciennes expositions qu’elle modifie, ainsi que des matériaux réutilisés ou qui étaient destinés à être jetés. Elle privilégie l’interaction et le processus avec les matériaux choisis pour créer des formes qui portent en elles la promesse d’une transformation et d’une disparition, des formes qui, grâce à son intervention, deviennent espace. 


L'une des œuvres présentées, Infinite Time Rocks the earth, the ebb and flow of the tide The world turns est un grand morceau de tissu fait de bandes inégales de coton de couleur rose pâle cousues ensemble. La teinture rose provient de la laque, une résine sécrétée par la cochenille à laque femelle qui est utilisée dans la fabrication d'objets, de mastics et de vernis. Les bandes de coton ont été utilisées pour extraire la résine dans l'État Indien du Jharkhand, où l'artiste s’est rendue à plusieurs reprises durant ces derniers mois. Bhuta a ensuite enlevé la résine et joint ces bandes en une gigantesque pièce de tissu: un processus long et risqué. L'histoire tangible de ce cheminement de plus d'une année rencontre dans l'œuvre celles, mythologiques, artistiques, écologiques et commerciales associées à la matière elle-même. Cette pièce remet en question ce que l'on attend d'une activité de couture domestique et nous rappelle que le textile, bien  qu’appartenant à un champ traditionaliste, s'inscrit aussi dans un espace de résistance, surtout en Inde où vit l'artiste. Bhuta interroge ce qu'une œuvre peut être (ce qu'elle ne cesse de faire dans sa pratique du reste) en présentant un travail qui semble encore en cours de réalisation, inachevé. Tout en étant immobile, l'œuvre semble incarner aussi bien le temps sédimenté que la fugacité - voire le flux.  


Le temps et la décomposition sont aussi évoqués dans My pulse is beating and my veins throbbing And in wonder, my song bursts forth, un tapis tissé à la main recouvert d’éclaboussures de cire, une autre oeuvre exposée dans la galerie. Le tapis est présenté verticalement avec ses débris tombés au le sol. Dans son itération précédente, ce tapis était exposé au Jameel Arts Centre de Dubaï, et présentait des motifs imitant ceux du bois  peints au henné par l’artiste. Ici, le geste fait pour mettre de côté la cire -au moment de l’extraction de la laque-, observé dans la fabrique visitée au Jharkhand, a été répété par l’artiste sur le tapis, laissant ce dernier parsemé de taches de cire solidifiées, dont les nuances vont du blanc au beige en passant par une gamme de violets, participant et ajoutant à la géologie de l'œuvre. 


De multiples temporalités sont exposées, les œuvres présentées nous laissent entrevoir leurs états ultérieurs: les restes deviennent des prémisses, les prémisses deviennent des restes. Si ces œuvres ont une signification, elle se situe au cœur de leur fabrication, dans l'intention et la configuration dictées par les matériaux choisis. En d’autres termes, la signification et la matière sont indissociables. Les œuvres ne sont pas fétichisées, leur fragilité apparaît à la fois politique et mystique. La matière transporte des forces invisibles dans le monde physique, chaque œuvre devient une voie, un intermédiaire capable de susciter émotions et révélations. Cette impression est accentuée par le fait que chaque œuvre présentée dans l'espace a pour titre un vers d'Akash Bhora Surjo Tara, une chanson de Rabindranath Tagore que l’on peut entendre dans le film Komal Gandhar réalisé par le cinéaste bengali Ritwik Ghatak. 

Née en 1978 à Mumbai, Hemali Bhuta vit et travaille à Goa (Inde). H. Bhuta est titulaire d'un diplôme en peinture de la L.S. Raheja School of Art and Commerce, Mumbai (2003), et d’un diplôme de troisième cycle de l'université Maharaja Sayajirao, Vadodara (2009). Elle a présenté ses œuvres à l’occasion de plusieurs expositions individuelles, dont : Artist’s Rooms: Hemali Bhuta, organisée par Murtaza Vali au Jameel Arts Centre (2019), Subarnarekha au Centre international d’art et du paysage, île de Vassivière, France (2017). Elle a participé à de nombreuses expositions internationales, notamment : Salon d'octobre, Belgrade (2018), la 5e Biennale de Singapour (2016), Darat Al Funun, Amman (2013-14), Yorkshire Sculpture Park (2012), la 9e Biennale de Shanghai (2012). Le New Yorker, le New York Times, Hyperallergic, Time Out New York et ArtCritical ont couvert son travail.


Bhuta est également co-fondatrice avec Shreyas Karle de la Fondation CONA à Goa, et est représentée par la galerie  Project 88, Mumbai.


Une publication comprenant des écrits de l'artiste, de l'écrivain Aveek Sen et de la curatrice Anne Couillaud accompagne cette exposition.

 




Artiste de l'exposition : Hemali Bhuta


Informations Pratiques

Ceysson & Bénétière
956 Madison Avenue
10021 New York


T: +1 646 678 3717