Aurélie Pétrel Portrait


Tania Mouraud

Dès la fin des années soixante, le travail de Tania Mouraud s’est inscrit dans une pratique questionnant les rapports de l’art et des liens sociaux en utilisant différents médiums : peinture, insta...


Bernard Pagès

Bernard Pagès est un sculpteur français contemporain né à Cahors dans le Lot en 1940. Il participa à l'aventure Supports/Surfaces. Il arrive en 1959 à Paris. C'est à l'Atelier d'Art Sacré qu'il pre...


ORLAN - Musée Picasso

Afin d’interroger la postérité de Picasso, le musée lance une programmation de regards contemporains. Pour ouvrir ce nouveau cycle, l’artiste française ORLAN a été invitée à exposer deux séries photographiques intitulées « ORLAN s’hybride aux portraits des femmes de Picasso » et « Les femmes qui pleurent sont en colère ». 

Du 16 mai au 4 septembre 2022

Commissaire de l'exposition : Cécile Debray


La Biennale de Lyon Minuit chez Roland [31 décembre]

Du 14 septembre au 31 décembre 2022

À l'occasion de la 16e Biennale de Lyon Manifesto of Fragility sous le Commissariat de Sam Bardaouil et Till Fellrath 

L'artiste Aurélie Pétrel présentera l'oeuvre Minuit chez Roland [31 décembre] la pièce qui se déploie en 3 espaces dans la ville de Lyon, aux usines Fargor-Brandt au parc de la Tête d’Or au parc République + en résonance à la galerie Ceysson & Bénétière.

Depuis 2017, le Liban et plus particulièrement Beyrouth est un des points d’ancrages géographiques du travail d’Aurélie Pétrel. À l’origine invitée dans le cadre d’un enseignement destiné à nouer des échanges avec la jeune scène pho- tographique libanaise, Beyrouth est devenu un terrain de recherche de sa pratique artistique.

Lors d’une de ses résidences, en 2018, elle découvre chez un marchand-bouquiniste deux carnets, un répertoire d’adresses et un agenda ayant appartenu à une femme lyonnaise. Ce lien entre deux villes Beyrouth et Lyon, entre deux jeunes futures mamans Jeanne et Aurélie, entre deux époques, les années 60 et aujourd’hui, a dessiné un commun, une porte d’entrée fictionnelle permettant une investigation photographique qui donne lieu à la réalisation d’une pièce pour la Biennale internationale de Lyon, Manifesto of fragility.

En 1957, une femme, la trentaine, arrive à Beyrouth. Elle rejoint son mari, impatiente de découvrir la vie grisante de la capitale libanaise. Le récit débute le 31 décembre à minuit, la soirée du nouvel an se déroule « chez Roland », sans doute un ami français, dans le quartier animé de Gemmayzé. 1958 sera l’année de son installation au Liban. Elle travaille dans un petit commerce. Mi-février elle tombe enceinte de son deuxième enfant ; quelques mois plus tard, mi-mai, l’assassinat d’un journaliste déclenche les premiers combats de rues dans Beyrouth.

Ce journal de bord en main, l’artiste conduit de manière empirique, une enquête de terrain en invitant certains acteurs contemporains de la ville à livrer leurs souvenirs ou leur perception de cette époque. Ces histoires individuelles permettent une mise à distance et un espacement de l’acte de la prise de vue sur site. L’artiste en fait aujourd’hui une relecture qui permet de tisser un lien entre ces premiers signes tangibles qui annoncent les nombreuses crises successives du Liban, les conflits permanents, le rendez-vous manqué de la Révolution jusqu’aux explosions du 4 août 2020.

Intitulée Minuit chez Roland [31 décembre], premiers mots du carnet exhumé, la pièce réalisée par Aurélie Pétrel pour la Biennale 2022 se déploie sur près de 200 m2 dans les usines Fagor-Brandt à Gerland jusqu’au cœur de la presqu’île au Parc LPA-République et à la galerie Ceysson & Bénétière ainsi qu’au Parc de la Tête d’Or.

L’installation invite le regardeur à se mesurer à un labyrinthe de verres photographiques convoquant les « golden sixties » de Beyrouth jusqu’aux reportages les plus récents. Le carnet est la trame de la proposition qui conduit dans un dédale de récits. Entre opacité et transparence, la pièce de 70 verres ménage des passages, des trouées plus vastes ou des voies sans issue, elle favorise un terreau pour convoquer d’autres images mentales de Beyrouth, ville-théâtre d’enjeux géopolitiques depuis plus de six décennies. C’est par la suggestion, le hors champ, le vide que le récit s’articule. La profusion d’images de la capitale libanaise et de ses drames, sont potentiellement convoqués dans les lacunes, les interstices, les fêlures.

L’histoire douloureuse du Liban se lit en creux dans cette proposition et se révèle au travers des grilles ou des rideaux, dans des espaces publics ou privés conservant la trace des conflits.

La forme du labyrinthe devient une métaphore de la vie au Liban où chacun se fraye un chemin où la fragilité est une force, où l’instabilité est stabilité.

Merci à Amin, Ariane, Charif, Charles, Flavien, Ghada, Georges, Joe, Kathleen, Marine, Michèle, Mayssa, Lamia, Tarek, Samy, Romain et tant d’autres.